TECHAGRUMES

Le Stubborn

Généralités

Encore qualfié de "maladie de l'entêtement des arbres à ne pas pousser"  mais aussi « Acorn disease»,  maladie en gland, « Blue albedo », « Crasy top » et « Little leaf ». 

 

Jusqu'en 1970, le Stubborn a été considéré comme une maladie à virus.

En 1970, dans le cadre de recherches sur les maladies des agrumes, Laflèche et Bové mettent en évidence pour la première fois la présence de "structures" dans les tubes criblés d'orangers atteints par la maladie du Greening (Laflèche et Bové, 1970). Peu de temps après, des formes mycoplasmiques sont observées, en Californie, dans le phloème d'orangers atteints de Stubborn (Igwegbe et Calavan, 1970). De nombreux travaux ont permis, en 1970, d'obtenir en culture l'organisme responsable du Stubborn : il s'agit d'un mycoplasme de morphologie spiralée et doté de mobilité qui a été appelé Spiroplasma citri  (Bové et Saglio, 1974).

 

Les mycoplasmes sont rangés dans le règne des Procaryotes (absence de noyau vrai délimité par une membrane nucléaire), dans la classe des  Mollicutes : classe de bactéries de très petite taille, dépourvues de paroi cellulaire rigide et caractérisées par un génome inhabituellement petit.

Spiroplasma citri appartient  à l’ordre des  Mycoplasmatales et à la famille des Spiroplasmataceaes. 

Spiroplasma citri a une morphologie hélicoïdale, doté de mobilité,  de 100 à 200 nm de diamètre sur 3 à 5 mm de longueur, présent uniquement dans le phloème, sa température optimale de croissance est de 32°C, il se multiplie et se comporte comme un agent pathogène dans des plantes autres que les agrumes (il existe des plantes "réservoirs" à S. citri comme le Cynodon dactylon...).

 

Les espèces les plus sensibles à la maladie sont les Orangers « Madame Vinous et Valencia », les agrumes tolérants sont le Citrange (Cunnigham, Troyer) et Poncirus trifoliata (Bové, 1995).

 

Le Stubborn a été découvert, en Corse, en 1957 (Bové, 1967). Cependant la présence de symptômes faisant penser au Stubborn a rarement été observée. S. citri se multipliant à 32°C, les températures en Corse seraient trop faibles pour permettre au spiroplasme de se multiplier et donc permettre l'expression des symptômes de la maladie.

  

Symptômes 

Les symptômes observés sont les suivants :

- une floraison perturbée qui peut s'échelonner tout au long de la période végétative entraînant une maturation anarchique des fruits : tous les stades sont présents simultanément,

- parfois des branches anormalement développées peuvent dépasser la frondaison (« Crasy  top »), les pousses peuvent être anormalement groupées et le développement de bourgeons axillaires peut entraîner l'apparition de balais de sorcières,

- les fruits présentent des déformations (« lopsided fruits »), en forme de gland (« Acorn  disease ») , sont âcres et peu juteux donc non commercialisables, chute prématurée des fruits, réduction de leur calibre,  

- les arbres sont plus ou moins rabougris, présentent parfois un nanisme prononcé en raison d'un raccourcissement des entre-noeuds et d'une croissance anormale des bourgeons axillaires,

- les feuilles atteintes sont plus petites  (« Little leaf ») plus courtes et plus larges, bombées, anormalement dressées, parfois

marbrées ou chlorotiques rappelant alors certaines carences minérales, souvent en forme de cuillère ou d'aspect lancéolé.

 

Transmission  

- Par des insectes vecteurs : S. citri est transmis par les cicadelles : Circulifer tenellus, la transmission n'est possible qu'après une période de latence correspondant à la circulation et à la multiplication de l'agent pathogène dans l'insecte vecteur (Markham, 1974), après multiplication l'agent passe par les glandes salivaires et est injecté dans le phloème via le canal salivaire du vecteur. Cependant, il semble que S. citri perd sa faculté à être transmis par des cicadelles quand il reste trop longtemps dans une plante sans recommencer un cycle à l'intérieur de l'insecte, et cette perte de transmission est indépendante des caractéristiques de la plante (Bové et al., 1987). La transmission n’est réalisé que sur de courtes distances.

En Californie,  S. citri  est  transmis  par deux autres cicadelles : Scaphytopius nitridus et S. delong

‐  Par le greffage

  

Lutte

A  l’heure actuelle, la seule méthode de lutte utilisée est la prévention qui consiste à :  

 - Utiliser du matériel végétal sain 

-  Eradiquer les plantes herbacées hôtes 

 - Lutter  contre les insectes vecteurs